Les ISAI de la place de l'Hôtel de Ville du Havre

23 août 2016

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Ce blog sur les ISAI de la place de l'hôtel de ville du Havre n'est plus alimenté. En revanche, vous pouvez retrouver toute l'actualité de deux îlots des ISAI sur le site www.v40v41.fr !

A bientôt !

Accueil - îlots V40 et V41 - Le Havre

Accueil du site de la copropriété des îlots V40 et V41 au Havre, ISAI construits par Auguste Perret

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01 août 2012

Le fonds Robert Lhommet : la construction des ISAI

photographe-toit-V35

Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer le photographe havrais Robert Lhommet qui, de l'immédiate après-guerre aux années soixante-dix n'a cessé son activité au Havre, d'abord pour des maisons de photographies puis à titre personnel (il sera également éditeur de cartes postales). Il se trouve que son fonds vient d'être retrouvé chez une de ses héritières et mis au jour par un ami à elle. Constitué de milliers de photographies (essentiellement sous forme de négatifs) couvrant trente années de l'histoire havraise, ce fonds recèle aussi de nombreuses vues de la construction des ISAI, en particulier pendant l'année 1949.

La grande surprise de cette découverte, c'est d'y retrouver des clichés qui sont pour certains connus puisque publiés dans plusieurs ouvrages parus ces dix dernières années autour du classement de la zone reconstruite au patrimoine mondial de l'Unesco. Or ces clichés ont tous été contretypés à partir de tirages de bonne qualité issus du fonds Jacques Tournant aux archives municipales du Havre. Beaucoup ont été publiés sous une mention d'anonymat, d'autres comme étant issus de la maison Chevojon, grande société parisienne spécialisée dans la photographie d'architecture. Il se trouve que tous ces clichés sont de Robert Lhommet, et nous avons maintenant localisé les négatifs.

Nous avions publié dans deux articles une vingtaine de ces photos (photographies des tirages issus du fonds Jacques Tournant). La collection qui nous est offerte ici est inestimable : ce sont plus de cinquante nouvelles photos. 

Nous n'avons jamais été en possession des négatifs. En attendant une numérisation professionnelle, les documents présentés ici sont des photographies de négatifs qui ont été ensuite retraitées numériquement. Le procédé est empirique et la qualité est malheureusement très variable mais nous avons cependant décidé, dans le cadre de ce blog, de présenter en exhaustivité les sources qui nous ont été confiées.

La grande difficulté de ce travail d'édition est de localiser précisément les vues. En effet, n'étant pas détenteurs des négatifs, on ne peut compter sur une observation de la couche sensible pour déterminer le sens réel de la prise de vue (gauche à droite ou droite à gauche). Or l'architecture des ISAI, surtout en stade de construction, avec leur symétrie parfaite entre les quatre îlots ne facilite pas la tâche. En l'absente fréquente d'arrière plan sur lequel se fier, nous avons pour outil l'ordre de l'élévation des six tours (respectivement V37-V40-V36-V41-V6-V7), la lumière (lorsque nous avons déterminé avec certitude une suite de clichés issus de la même pellicule) ou divers détails de chantier. Même s'il peut subsiter des erreurs, nous sommes maintenant relativement certains de notre légendage (ce qui n'était pas le cas des éditions dans nos précédents articles : nous manquions d'éléments).

Nous avons choisi de les présenter par angle de prise de vue, pour plus de commodité. Pour rappel, voici la numérotation des îlots :

ilots-Isai

Les légendes des photographies sont systématiquement au-dessous et en italiques.

1- Façades sud

Commençons par une vue générale des lieux.

sept1949-ISAI-sud

Vue de l'ensemble des ISAI à la fin de l'été 1949, certainement en septembre comme la majorité des clichés présentés ici (certains sont datés du 22 septembre, mais beaucoup n'ont pas été pris ce jour précis). Cette photo nous montre bien l'ordre d'avancée des travaux : il manque un étage à la tour du V36 tandis que celle du V41 n'a pour l'instant que cinq étages. La photo est prise légèrement en hauteur, peut-être du clocher de l'église Notre-Dame. A droite on reconnait la maison des logements des instituteurs de l'école Jean-Macé (aujourd'hui désaffectée). Au centre pas moins de dix-huit camions benne bien rangés dans un enclos grillagé (lutte contre le vol ?) sont sur le futur îlot V56. A gauche, quelques arbres subsistent de l'ancienne place Gambetta. On peut remarquer entre le bassin du commerce et les ISAI que l'îlot V35, l'hôtel de Normandie, sort de terre. A l'extreme droite, dans le prolongement de la tour du V36, l'immeuble au pan quadrillé est le crédit-lyonnais, bâché, qui attend la construction de l'îlot V7.

1949-ISAI-sud-depuis-St-Fra

Vue légèrement antérieure (peut-être d'une semaine ou deux) depuis le quartier Saint-François. Au premier plan le bassin du commerce, et au tout premier plan, en bas à gauche, certainement un rebord de fenêtre d'une maison en ruine (les travaux de Saint-François n'ont pas encore commencé à cette époque). Il est intéressant de constater la multitude de baraquements sur l'actuel quai George V et la place du Chillou.

1949-V36-et-V37-sud-et-barr

Photo prise du même endroit que la précédente. Gros plan sur l'îlot V36 en construction, et les logements d'urgence. A l'extrême gauche, on distingue le premier étage de l'hôtel de Normandie qui sort de terre.

 1949-V40-sud-versA
1949-V37-sud-versB

Voici un exemple de photo difficile à localiser. S'agit-il de l'îlot V40 (en haut) ou V37 (en bas) ? Il faudrait avoir accès à la pellicule si le négatif n'a pas été isolé pour tenter d'obtenir une réponse en comparant l'état d'avancement des bâtiments sur les autres clichés. Cependant, si l'on se réfère à l'arbre dégarni et au temps maussade, on serait plutôt bien engagé dans l'automne, ce qui accréditerait l'hypothèse de l'îlot V40, le V37 étant terminé depuis la fin de l'été.

1949-V40-et-V41-sud-versA 1949-V37-et-V36-sud-versB

Mêmes vues, même questionnement quant à savoir si le premier plan serait aujourd'hui l'actuelle place Perret (en haut) ou îlot V38 (en bas)... A noter que le reflet dans l'eau ajoute encore à l'aspect symétrique de la composition architecturale. Même conclusion météorologique, qui reste fragile.

fin1949-V37-et-V36

Ilot V37 (et au fond, tour du V36) depuis l'angle de la rue de Paris et la rue Victor Hugo. On peut remarquer la pose des portes-fenêtres de la tour, qui se fait du dernier au premier étage. La lumière nous indique une prise de vue en soirée.

1949-V37-rue-de-paris-sud

Autre cadrage que la photo précédente (même série).

1949-V40-et-V41-elevation-s

Toujours cette fin d'été 1949. Le soleil indique une vue matinale des îlots V41 et V40. Deux femmes et un enfant marchent rue de Paris au niveau de l'actuelle place Perret. C'est une des très rares photographies animées.

1949-V40-et-V41-sud-depuis-

Même vue sans l'animation. La voiture est toujours là.

1949-V41-sud

Rue Victor Hugo, l'immeuble bas de l'îlot V41 et la tour en cours d'élévation (septembre 1949).

1949-tourV40-sudest

Dans la même rue le même jour, la tour V40, angle sud-est.

1949-V37sudest-2

La même tour du V40 quelques jours plus tard.

1949-tourV37-sudest

La tour de l'îlot V37, vue du sud-est.

1949-tourV37-sudouest

La même tour vue du sud-ouest.

1950-V40 et V41 - fondations V38

Vue en 1950 des îlots V41 et V40, sans doute peu avant l'arrivée des premiers locataires du V37 (barre de droite). Le trou au premier plan est le début des fondations de l'îlot V38 qui accueillera les Galeries havraises. En bas à droite des restes de fondations non encore détruits.

1950-ISAI-rue-Brindeau

Vue des ISAI depuis la rue Louis Brindeau. L'ensemble des bâtiments semble être terminé ce qui nous amène à la fin de l'année 1951. En revanche, ces îlots semblent bien isolés et déserts (bien qu'habités, comme en attestent des volets ouverts ou fermés).

 

2- Façades nord (place de l'hôtel de ville).

1949--place-de-l'HDV-depuis

Fin août ou début septembre 1949. Vue globale de la place, et même du quartier. Au premier plan le croisement entre les rues Marais et Jules Ancel. La maison en, briques à gauche existe toujours au 17 rue Théodore Maillard, mais la même façade ouest que sur la photo s'aperçoit depuis le 8 rue Marais. La rue Théodore Maillart est d'ailleurs, avec la place de l'hôtel de ville, le meilleur endroit pour prendre conscience de la rehausse des sols engendrée par la reconstruction sur les gravats. Elle monte en quelques mètres d'un étage, pour faire le lien entre cette maison et les immeubles reconstruits. On distingue très bien deux camions nivelant les îlots S55 (à gauche) et S54 (à droite). A droite toute, le clocher de l'église Notre-Dame, vaillamment debout. Le terrassement de l'îlot V6 est effectué.

1949-rue-de-paris-depuis-hd

Certainement le même jour, depuis l'hôtel de ville (qui n'existe pas encore, ou qui n'existe plus). On remarque au premier plan la statue de François 1er, qui sera ensuite déplacée pour divers lieux avant de se retrouver aujourd'hui devant le bassin du Roy. [Dans les commentaires ci-après, voir la discussion entre les lecteurs pour savoir si c'est réellement la même statue].

Voici une série consacrée essentiellement à la partie est des ISAI, à savoir les îlots V36 et V37, ainsi que les fondations du futur îlot V7. Tous ces clichés ont été pris le même matin de septembre 1949.

1949--V36-et-V37-et-fondati

Vue globale du chantier et des fondations de l'îlot V7, l'îlot qui vient entourer l'immeuble du Crédit Lyonnais devenu orphelin. Le cliché a certainement été pris depuis celui-ci. Derrière ce quadrilatère, l'îlot V36 et sa tour en construction que l'on devine à gauche. Puis de gauche à droite, la tour du V37 plus avancée, puis celle du V40 et enfin celle du V41 à laquelle il manque encore plusieurs étages. Si le bâtiment de gauche semble s'arrêter net, avec son pan latéral ouvert, c'est qu'il attend l'avancée de l'extension (fonds privés de la coopérative François 1er).

1949-fondations-V7

Un gros plan sur les fondations de l'îlot V7.

1949-V36-et-fondations-V7

1949-V36-et-V37-depuis-V7

1949-V36-et-fondations-V7

Autres prises de vue (mêmes personnages à gauche mais les ouvriers ont disparu du chantier au premier plan de la seconde et la troisième).

1949-grue-fondations-V7

Même point de vue mais avec un autre cadrage. On voit encore très bien les arbres de l'ancien jardin de l'hôtel de ville, pour la plupart en sursis (les grands arbres les plus à droite seront conservés et sont toujours là de nos jours).

1949-V36-depuis-V7

1949-V36-et fondations V7

Mêmes angles de prise de vue mais depuis le sol.

1949-V36-et-V37-depuis-fond

L'embranchement de la rue Edouard Larue entre le V36 et le V37. Au premier plan un ouvrier sur le chantier du V7.

1949-V36-et-V37-HdV-rue-Edo

Même vue sans l'ouvrier, plus au niveau du sol.

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L'immeuble du V36 correspondant au 24 place de l'hôtel de ville. L'extension ne le prolonge pas encore sur la gauche.

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L'îlot V37, à l'angle de la place et de la rue de Paris. Robert Lhommet ose ce contre-jour certainement pour la passante, qui est comme sortie de nulle part. A remarquer également le dénivelé pour accéder au jardin de l'hôtel de ville dans lequel se tient le photographe. C'est actuellement la fontaine qui est à cet endroit.

3- vues latérales

vu-depuis-V4-avec-extension

Il s'agit en fait d'une vue du chantier de l'îlot V4, dont on coule les fondations. On est dans la première moitié 1950, certainement au début du printemps. Le gros oeuvre des ISAI est achevé, ainsi que celui des extensions (on voit très bien face à nous celle du V41, l'immeuble de la rue Bernardin de Saint-Pierre). Au fond au centre, la tour du V6 est en voie d'achèvement, ce qui n'est pas le cas pour la partie avenue Foch, pas encore construite. Cet îlot sera achevé le 19 juillet 1950. Au fond à droite, l'hôtel de Normandie (V35) est lui aussi achevé. Un très grand mât qui semble être aux environs de la place Perret porte une des balises d'alignement du port. Cette balise sera très vite placée sur le toit de la tour du V41 en attendant la construction des lanternes de la pointe de Floride et du quai Johannes Couvert en 1970.

1949--facade-ouest-V41 

Retour en septembre 1949. Perspective latérale pointant vers l'est avec au premier plan l'îlot V41, avant la construction de l'extension. Vue sur le jardin de l'hôtel de ville à gauche et sur le bassin du commerce à droite traversée par son ancienne passerelle.

1949--facade-ouest-V41--2

Autre cliché quasiment identique mais de moins bonne qualité.

1949--place-de-l'Hdv-depuis V42 - fondations V6

Autre vue plus centrée sur la place avec au premier plan le chantier de l'îlot V6, au stade préliminaire derrière sa palissade.

1949-V40-depuis-V37

Vue assez primitive (juin-juillet 1949 ?) prise depuis la tour de l'îlot V37. A gauche la place de l'hôtel de ville au débouché de la rue de Paris. On voit que la tour du V40 n'est encore pas bien haute et que derrière, l'îlot V41 n'en est qu'à ses débuts. On distingue en revanche très nettement le quartier Saint-Vincent au fond, et les immeubles rescapés du front de mer. Entre : le néant.

1949-TourV40-et-ville-ouest

Même point de vue mais un peu plus vers la gauche. La digue nord est parfaitement visible.

1950--V40-et-V6-en-constrcu

Une vue du début 1950, prise depuis la tour de l'îlot V37. Au premier plan la saignée de la rue de Paris puis la tour du V40 et au fond, en cours d'élévation, celle du V6. Comme sur la première photo de ce lot on voit que le bâtiment bas de l'avenue Foch de ce dernier îlot n'est pas encore commencé. C'est un des bâtiments les plus atypique des lieux, avec son quatrième étage encadré à chaque angle par une petite loggia. Il est possible que le retard de plans soit à l'origine de ce décalage de construction.

4- l'intérieur des îlots

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Été 49 (août ?), îlot V36 pris depuis la tour du V37, pointant vers l'est. Nous avons déjà publié cette photo très marquante : on y voit distinctement les baraquements provisoires installés place du Chillou et les ruines de la bourse de commerce qui sera remplacée par l'édifice d'Othello Zavaroni à partir de 1955.

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Vue de la cour du V36 plus en contreplongée. L'ovale représente le jardin à venir, un parking souterrain prenant place autour de lui, tout comme dans l'îlot V41. Pour l'instant il sert de remise aux madriers des échafaudages.

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Même jour et même lieu de prise de vie que précédemment mais orienté vers le nord-est. On voit très bien l'immeuble du crédit-lyonnais devenu orphelin. Auguste Perret l'englobera dans l'îlot V7.

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En septembre 1949, voici la tour du V37 vue cette fois-ci d'un balcon de l'îlot V36. La photo pointe vers l'ouest. Au premier plan l'étage bas à portiques qui abrite les magasins rue Edouard Larue.

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L'immeuble bas bordant la place de l'hôtel de ville de l'îlot V37, ainsi que sa tour à gauche. En bas, la rue Edouard Larue.

1949-courV40-et-tour-V41

Vue cette fois-ci de la cours du V41. On y retrouve le même portique inversé.

1949-Tour-V40-depuis-V41

Même point de vue sur la tour du V40. Un ouvrier prend la pose tout en haut sur le toit.

1949-tourV40-depuis-V41

Les bâtiments de la rue Victor Hugo pris depuis la tour du V41. Ce bâtiment (ainsi que son homologue du V36) dispose au premier étage de terrasses de 40 m2 orientées plein sud. Les appartements qui en jouissent sont des 3/4 pièces mais aussi des studios qui doublent ainsi leur surface !

5- En épilogue, la place de l'hôtel de ville !

 

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Fin 1950, l'îlot V6, avec les loggias au quatrième étage de son bâtiment avenue Foch. On remarque la pancarte de chantier qui stipule bien le nom de la coopérative de reconstruction : François 1er. Au fond à droite, certainement l'immeuble de l'îlot V52, fraîchement sorti de terre.

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Le même îlot V6 seulement quatre ans plus tard en 1954. L'avenue Foch est achevée, Saint-Jopseph en cours d'élévation, l'hôtel de ville a sa palissade de chantier. On mesure à quel point ici l'essor de la reconstruction bat son plein. Tout a été très long de septembre 1944 à la remise du premier appartement des ISAI le 15 octobre 1950. Mais ensuite, ces immeubles ont produit leur effet de laboratoire, et tous les chantiers sont lancés.

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Certainement le même jour : la perspective royale.

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Une vue des jardins l'hiver.

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Le tramway est installé. On peut remarquer tout le long du jardin côté nord, à l'ombre, la rambarde en béton et ses fameux claustras cubiques qui ont malheureusement été détruits lors de la pause des pergolas en bois au début des années quatre-vingt.

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L'îlot V6.

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L'îlot V7, depuis le corps central de l'hôtel de ville en 1958. Le chantier de ce dernier est toujours en cours.

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Le même jour cette vue prise du haut de la tour de l'hôtel de ville alors tout juste achevée.

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Et pour terminer une photo beaucoup plus récente de l'îlot S85 avec ce qui nous manquait temps : les habitants ! La reconstruction du Havre est enfin achevée.

Nous tenons à remercier la personne qui a mis à jour ces documents et qui nous a permis l'édition et la diffusion.

26 juillet 2012

Une vue inédite de la construction (fin 1949)

Dan, bien connu pour son blog Havrais dire, a eu la gentillesse - et nous le remercions !- de nous transmettre ce cliché de la construction de nos ISAI. Il s'agit d'un tirage original scané issu d'une collection particulière (photo amateur).

D'après nos déductions, la photo doit dater des environs de la Toussaint 1949. On se situe à l'angle sud de ce qui deviendra l'avenue Foch avec la place de l'hôtel de ville. Les deux bâtiments bas  sont ceux du V41 à droite (qui se réduit encore à son ossature, et sans son extension qui viendra quelques mois plus tard) et du V40 (en voie d'achèvement). Derrière, la tour de l'îlot V37, à gauche, est achevée. Celle de l'îlot V40 attend ses panneaux de remplissage.

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Au premier plan nous distinguons nettement les fondations de l'îlot V6 qui sortira de terre en 1950. Dans ces fondations un gros tuyeau entouré de pierres est un reste du grand café Guillaume Tell qui occupait l'endroit. L'actuel Bistro Parisien qui lui succède perpétue la tradition du lieu.

Vers la gauche de l'image, des briques sont rassemblées en tas. Ce sont celles ramassées dans les décombres qui serviront aux soubassements des logements provisoires (voir sur le sujet l'exposition qui se tient actuellement à la maison du Patrimoine - atelier Perret sur l'habitat d'urgence). Quelques murs de briques sont aussi présents dans les sous-sols des ISAI, celles-ci semblent anciennes. Il est possible qu'elles aient été récupérées (la majorité des cloisons des caves sont en briques creuses).

Enfin, les arbres, bien proches des constructions, sont ceux de l'ancien parc à l'anglaise de l'hôtel de ville. Ils seront arrachés afin de dessiner l'avenue, et remplacés bien après par la double rangée de platanes (qui vient d'être triplée cette année). En revanche, une demie douzaine d'arbres datant d'avant la guerre subsitent toujours dans les jardins, intégrés comme ils peuvent dans le plan à la française.

Bientôt beaucoup d'autres photos de la (re)construction !

21 juillet 2012

Que sont les ISAI ?

V41-cour-nuit

Les ISAI (immeubles sans affectation individuelle ou immeubles sans affectation immédiate) peuvent aussi apparaitre sous le terme d'ICE (immeubles collectifs d'État). Contrairement à ce que pourraient laisser entendre ces acronymes, il ne s'agit en rien de logements sociaux type HLM ou autre essai d'immeuble collectif à la mode socialiste : les ISAI sont des copropriétés privées. 

La raison de cette appellation tient simplement au financement de leur construction. Les ISAI ont été conçus et construits par l'État, avant d'être remis aux propriétaires en échange de leurs dommages de guerre. C'est finalement un peu un programme immobilier sur plan dont le promoteur serait l'État.

Nous traitons ici des ISAI de la place de l'hôtel de ville du Havre. Mais dans cette même ville, il existe aussi les ISAI de Graville et ailleurs, encore d'autres ISAI comme à Amiens ou à Caen.

Localisation

Les ISAI bordent l’ensemble du sud de la place de l’hôtel de ville, à la jonction avec la rue de Paris qui les traverse perpendiculairement.

loc-isai-loin

Emplacement des ISAI sur une vue générale du centre-ville.

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Vue arérienne des quatre îlots appelés ISAI.

L’ensemble est constitué de quatre îlots numérotés d’ouest en est : V41, V40, V37 et V36 sur le plan de la reconstruction qui occupent une surface d’environ 15000 m2, voirie comprise. Ce quadrilatère est délimité au nord par la place de l’hôtel de ville, au sud par la rue Victor Hugo, à l’est et à l’ouest par les extensions des îlots V41 et V36.

En effet, ces îlots sont complétés de part et d'autre par des groupes d'immeubles d'extérieur très ressemblant (îlots V6 et V7, extensions des V36 et V41). Ce sont les programmes privés de construction (coopérative François 1er) qui ont profité des équipes d'architectes en place.

ilots-Isai

Les quatre groupes (numérotés d’ouest en est 2-1-3-4 sur le permis de construire) sont en tout point identiques deux à deux de part et d’autre de l’axe de symétrie que forme la rue de Paris. Ainsi les groupe 2 et 4 sont les mêmes mais inversés, de même que les groupe  1 et 3. Chaque îlot est séparé de l’autre par une rue d’axe nord-sud : la rue Robert de la Villehervé entre le V41 et le V40, la rue de Paris entre le V40 et le V37, la rue Edouard Larue entre le V37 et le V36. 

A l'exception des deux barres d'immeubles bordant la rue de Paris, toutes les entrées des logements se font par les cours intérieures. C'est une des grandes différences avec les autres îlots du Havre reconstruit, y compris les extensions des ISAI et les îlots V6 et V7. Les cours sont ainsi habitées et non simplement utilisées pour le service.

Dimensions et composition

Les immeubles sont les berceaux de la trame de 6,24 m qui rythme la reconstruction du Havre. On peut facilement mesurer leur gabarit en comptant ainsi le nombre de modules :

-          Groupes 2 et 4 : 10x9 modules

-          Groupes 1 et 3 : 8x9 modules

Chaque îlot est composé de quatre bâtiments s’organisant autour d’une cour centrale. Les bâtiments, qui ont tous une épaisseur de deux modules, peuvent avoir trois hauteurs différentes : une tour de 10 étages sur entresol, une barre de 3 étages sur entresol ou une simple barre composée d’un rez-de chaussée avec entresol. L’organisation des bâtiments bas diffère selon les groupes 1 et 2 (et donc 3 et 4) mais les tours sont toutes placées parallèlement, façade la plus étroite orientée au nord.

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Le groupe 1 (îlot V40), le même en symétrie que le groupe 3 (îlot V37).

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Le groupe 2 (îlot V41), le même en symétrie que le groupe 4 (îlot V36).

 

Historique (extrait de la fiche Docomomo)

commande : Le principe des ISAI a été mis en place en 1944. Avec les ISAI, pré-financés entièrement par l'État (à valoir sur les dommages de guerre futurs), l'administration française a construit pour la première fois des immeubles de logements. Décidée le 8 septembre 1945, la construction des ISAI du Havre a été confiée à Auguste Perret en février 1946. En mars, il nommait ses architectes en chef adjoints qui, dès avril, projetaient un grand nombre d'études préliminaires. En tout, ce sont quatorze architectes de l'Atelier de Reconstruction de la Ville du Havre (architectes parisiens) qui ont été désignés par Perret pour cet ensemble confié en opérations distinctes par l'État. Véritable matrice, ce projet était fondamental pour la détermination du plan du centre à reconstruire du Havre. Le parti adopté pour la trame, les gabarits, les plans-masse a été étendu au reste de la ville. En août 1947, les premiers murs des ISAI sont sortis de terre. En juin 1948, une nouvelle demande de permis de construire a été déposée pour quatre groupes d'immeubles. Le V37 fut le premier îlot achevé avec 90 logements. Au final, la densité était de 900 habitants à l'hectare. 

La réalisation des ISAI a été entièrement pré-financée par l'État, sans participation financière ou pratique des sinistrés, celle des extensions latérales des ISAI par une association syndicale de reconstruction (les propriétaires) sous forme de dommages de guerre. Ces extensions ont été entreprises par l'Atelier de Reconstruction et des architectes havrais.
devis estimatif : 600 millions de francs

Architecte : L'Atelier de Reconstruction du Havre dirigé par Auguste Perret. 

Autres architectes et intervenants :
Architectes chefs de groupe : José Imbert, André Hermant, Guy Lagneau, Pierre-Edouard Lambert, André Le Donné, Jacques Poirrier. 
Architectes d'opération : Paul Branche, Paul Dubouillon, Pierre Feuillebois, Arthur Héaume, M. Kaeppelin, M. Lotte, Alexandre Persitz, Henri Tougard, Jacques Tournant. 

Contractants: 
Gros œuvre : Thireau-Morel ; Société des Grands Travaux en béton armé ; Renouf, Camus &Cie.

Durée du chantier : début : 31 mars 1946 première pierre ; avril 1947 battage des pieux de fondation ; V41 commencé en mars 1949 fin : 8 février 1950 achèvement gros œuvre du V41.

Inauguration : 15 octobre 1950 remise des clefs au propriétaire du premier appartement livré (V37)

Description (extrait de la fiche Docomomo)

On retrouve à travers tout le centre reconstruit du Havre le principe d'immeubles hauts rythmant le paysage urbain, et rompant la monotonie des bâtiments de hauteur constante. Pour la place de l'Hôtel de Ville la nécessité de bâtir un cadre ordonné et varié a conduit au choix d'une alternance de volumes bas et de volumes hauts, implantés en fonction de l'orientation et de l'esthétique générale du site. Au-dessus du rez-de-chaussée de 4,90 mètres de haut, le gabarit général adopté pour la ville permettait la construction de trois étages maximum. Mais en raison de l'importance de la population à reloger et pour obtenir un maximum d'aération et d'ensoleillement (André Hermant, qui lance ses recherches sur l'ensoleillement des appartements dès février 1946, invente un instrument capable de calculer sur une maquette le niveau d'ensoleillement), les architectes ont introduit des immeubles plus haut. 

ensoleillement-hermant

Étude d'ensoleillement par André Hermant (original aux archives municipales, fonds Hermant - apport personnel).

L'ensemble des ISAI se présente donc ainsi : derrière une rangée d'immeubles de trois étages auxquels ils sont reliés par des portiques , six bâtiments [quatre seulement si on ne compte pas les extensions des îlots V6 et V7, ndlrde dix étages se succèdent en rythme régulier, parallèlement à l'axe central de la rue de Paris et symétriquement. Seule la partie supérieure de ces derniers apparaît depuis la place de l'Hôtel de Ville. L'intérieur des îlots forme des cours largement ouvertes, ensoleillées et protégées des vents [Les îlots V36 et V41 disposent de plus d’un parking souterrain (rampes d’accès rue Victor Hugo), ndlr].

Les différents architectes convoqués pour ce chantier considérable ont fait œuvre collective en exprimant le parti élaboré par l'Atelier de Reconstruction qui prône l'application stricte du langage technique et architectural défini par Auguste Perret. Les lignes de l'ossature acquièrent une importance nouvelle dans la définition de l'ordonnancement. Elles font l'objet d'une étude de composition calculée et raffinée et concourent à caractériser un espace urbain réglé par un ordre perspectif de type classique. L'ossature laissée apparente de ces immeubles est en béton avivé par bouchardage. Les portiques, ainsi construits sur une trame uniforme de carrés, sont remplis par une ossature secondaire de cadres de baies, allant de plancher à plafond et normalisés suivant un type unique. Pour les parties de béton armé restant apparentes, le coffrage est exécuté exclusivement en bois, corroyé et très soigné. Entre les poteaux et les cadres de baies, les trumeaux sont constitués par des plaques préfabriquées en béton avec agglomérats de couleur naturelle, dont la dimension varie pour composer un motif mais n'excède pas 70 centimètres. Les immeubles bas comportent des balcons au premier et dernier étages tandis que les immeubles hauts sont ceinturés de balcons au quatrième et au septième [Balcon au premier étage des immeubles-tours également, ndlr]. Des colonnes galbées en béton armé scandent le rez-de-chaussée. Les parements apparents à l'intérieur sont bouchardés et layés avec arêtes ciselées.
La couverture des immeubles est en terrasse car selon les propres mots de Perret, « une terrasse protège de la pluie aussi bien qu'un toit » et « un étage terminal carré est moins cher qu'un toit ». 

Concernant les appartements, la réduction de la surface bâtie pour un même foyer est compensée par une meilleure utilisation. La salle de séjour ou « vivoir » comporte parfois une cheminée et un coin-repas séparé de la cuisine par une simple cloison-paravent. Les chambres à coucher sont étroites. Le dégagement est pourvu d'un débarras. Une attention particulière est portée à l'équipement et à l'organisation rationnelle des différentes distributions d'énergie. Les appartements sont livrés sans peinture intérieure mais avec toutes les installations sanitaires. La cuisine, appelée aussi « grill-room », est un modèle réalisé en série et utilisé dans de nombreux immeubles d'État (cuisines Cépac). Les éléments, préfabriqués et assemblés, sont en tôle d'acier recouverts d'une peinture cuite au four et insonorisés. Elle est également équipée d'une table-timbre en grès porcelaine à deux bacs et d'un vide-ordures. 
Dans les immeubles-tours des ascenseurs ont été prévus. Au sous-sol on trouve des garages (auxquels on accède par une rampe), des buanderies et autant de caves que d'appartements, et au niveau du rez-de-chaussée, un garage à bicyclettes et voitures d'enfants près de chaque escalier, la chaufferie, deux locaux de service et la loge du concierge.
Les boutiques sont livrées non aménagées avec une grande hauteur sous-plafond permettant de construire un entresol.
 
En quoi les ISAI sont-ils des immeubles exceptionnels ? (extrait de la fiche Docomomo)
 
1. appréciation technique :
« Normalisation, d'abord », est le mot d'ordre de Perret. La construction des ISAI a servi de champ d'expérimentation pour le reste du chantier du Havre. C'est leur étude qui a déterminé les dimensions de la trame générale à adopter pour la reconstruction du centre. L'épaisseur des immeubles fut fixée entre 12 et 13 mètres afin de réduire les longueurs de façade qui coûtent toujours cher. Cette profondeur correspond à deux travées de 6 mètres à 6,50 mètres, portée très acceptable pour le béton armé. Finalement Perret choisit 6,24 mètres, nombre divisible par deux et par trois et dont les multiples et sous-multiples correspondaient aux dimensions des surfaces de pièces imposées par le MRU. 
Ainsi, les immeubles bas des ISAI comportent trois travées de largeur sur deux de profondeur. Chaque travée est formée de 12 modules de 0,52 mètre (un carré de 6,24 mètres de côté) et les nervures sont espacées de la largeur d'un module. Ce chantier a permis de déterminer également les normes propres à l'industrialisation du bâtiment par la préfabrication des éléments de construction et de l'aménagement intérieur. Ces expériences étaient valables pour servir d'exemple à des constructions de moindre importance car la reconstruction de cette partie de la ville s'est faite sur la même trame. Grâce à cette standardisation, l'outillage réalisé pour les ISAI a été utilisé pour les autres constructions édifiées suivant les mêmes méthodes. 
Les fondations en béton armé ont été exécutées soit par pieux, soit par semelles, soit par radier général. L'ossature générale en béton armé pervibré (ciment de Portland artificiel, sable de rivière, gravillon) est composée de poteaux et de poutres puis d'un remplissage de triple épaisseur de parpaings de mâchefer ou de débris de briques et par un carreau de plâtre avec interposition de deux lames d'air. Les planchers (dalle et nervures) ont été effectués avec des coffrages métalliques. 
Les cadres des baies sont en béton moulé à l'avance bruts de décoffrage. Pour les 3500 fenêtres toutes identiques, les éléments de construction prêts au montage ont été fabriqués par des machines. 
Les appartements sont semi-standardisés. Les résultats de la préfabrication se sont révélés positifs pour les plafonds, les cloisonnements, et les parquets mais négatifs pour les plâtres. En dépit de toutes les recherches, la préfabrication est dans ce cas impossible : le travail du plâtrier doit toujours être effectué sur place. 
Une isolation phonique relative des planchers est procurée par une couche de sable épandue sur la dalle de béton et par un parquet dont les lambourdes reposent sur une couche de bitume ; les cloisons et les huisseries sont désolidarisées de la dalle. Les fenêtres sont à double vitrage. 
Les terrasses sont calorifugées par deux épaisseurs de briques creuses et sont rendues étanches par de l'asphalte étendu sur papier Kraft et chape de béton maigre. Le chauffage est à air pulsé par battements alimentés en vapeur basse pression, humidifié et filtré ; deux chaufferies à huile lourde distribuent chaleur et eau chaude dans les appartements et dans les magasins et locaux commerciaux des rez-de-chaussée et entresols. 
Notons enfin qu'à l'époque de la mise en œuvre des ISAI, les matériaux étaient si rares que le chantier a été en rupture de livraison d'acier et de ciment.
 
2. appréciation sociale :
En général, la reconstruction en coopérative s'est faite grâce au remembrement préalable de propriétaires sinistrés qui groupaient leurs dommages et savaient ce qu'ils obtiendraient en échange. Pour les ISAI, sans sinistrés comme ayant droit direct, l'opération s'est inversée : c'est l'État qui prenait l'initiative de reconstruire avec ses crédits puis qui proposait aux propriétaires sinistrés dont les immeubles étaient édifiés à l'emplacement des îlots de leur céder boutiques et appartements en échange de leurs dommages de guerre. L' indemnisation était fondée sur une réparation intégrale sur la base de la valeur 1939 de l'immeuble, majorée suivant un coefficient variable suivant l'époque de l'indemnisation effective, après un abattement pour vétusté qui pouvait atteindre 20%. Cette diminution de la réparation pour vétusté a augmenté la nécessité de reconstruire économiquement et de manière collective. 
La distribution de l'habitation se fait en fonction des nécessités nouvelles de la vie familiale. L'idée directrice qui a présidé l'étude des plans des ISAI était de concevoir un appartement pratique pour les tâches ménagères. « En élaborant les plans de ces habitations, expliquait Auguste Perret, nous nous sommes efforcés de faciliter l'accomplissement des travaux domestiques. Nous nous sommes efforcés de faire que la mère de famille en accomplissant ses travaux domestiques, ne soit pas séparée de ses enfants, de son mari, qu'elle ne soit plus une esclave. » A Christian Mégret, qui publie en 1949 une enquête sur la reconstruction à Marseille et au Havre, Perret déclare : « Il faut partir de ceci : qu'il n'y a plus de domestiques. Et donc que la femme ne doit plus être reléguée dans son trou, que les travaux ne doivent pas l'empêcher de participer à la vie de famille. De là la conception des logis que je bâtis au Havre, qui est caractérisée par ce que j'appelle le ‘séjour', c'est-à-dire une grande pièce commune où tient toute la vie familiale, et qui comprend la cuisine. » 
Des prescriptions administratives imposaient d'ailleurs à la reconstruction immobilière plus de confort et une habitabilité moderne (rationalité de l'équipement).
L'expérience des ISAI résidait également dans l'observation des réactions des habitants à l'égard des dispositions et de l'équipement des logements. Les premiers ISAI ont été rejetés par nombre de Havrais : on reprochait aux appartements d'être exigus, et à l'esthétique de Perret tantôt d'être sinistre et archaïque, tantôt d'être inspirée des tours américaines (conseil municipal mars 1950). Mais il faut prendre en compte le fait que la population sinistrée se retrouvait pour la première fois regroupée dans des immeubles collectifs. Cependant, les nouvelles installations sanitaires étaient un véritable luxe comparé à l'état des appartements anciens du reste de la France, et les Havrais l'ont pleinement réalisé.
 
3. appréciation artistique et esthétique:
Sur le plan architectural, la légèreté et la force des immeubles du Havre découlent de la volonté de Perret de ne pas dissimuler l'ossature de ses bâtiments, s'inscrivant ainsi dans la lignée des architectes de l'antiquité. Les différents architectes de l'Atelier utilisaient d'un commun accord les principes du Classicisme Structurel définis par leur maître. 
Concernant les matériaux, celui-ci justifiait ainsi son choix : « j'emploie au Havre, comme toujours, le béton bouchardé, qui est plus beau, plus durable et aussi plus noble que la pierre. » La tonalité des dalles de parement des façades varie suivant l'emplacement et les agrégats de leur composition, subtilement choisis pour procurer un effet pastel (sable, pierre à concasser, ciment). Cette variation crée un motif discret qui casse la monotonie des façades. Dans le devis descriptif adressé aux entrepreneurs, la composition pour obtenir une dalle de coloris rose est précisée. 
On a beaucoup reproché à Perret ses fenêtres tout en hauteur qui pourtant rendent tous les appartements très lumineux et sont le fruit d'une réflexion quasi-philosophique : « La verrière, c'est fait pour un atelier, pour des machines-outils. Pour l'homme, il faut des fenêtres verticales, qui sont le vrai cadre humain. L'horizontale exprime le repos, la mort ; la verticale est la station de vie. » 
Pour les intérieurs des ISAI, Auguste Perret a proposé André Beaudoin, maître ébéniste-ensemblier havrais : « La décoration a été créée sur un thème moderne convenant au genre d'architecture. J'ai composé donc l'ensemble de l'appartement dans une note gaie, élevée en classe, certes, mais restant néanmoins dans une fabrication pouvant rester en série. » Ses meubles clairs, aux lignes souples, en chêne cérusé ou en sycomore sont d'une simplicité assez classique pour s'adapter à l'architecture.
 
4. arguments sur le statut canonique (local, national, international) :
Lors de l'essentielle Exposition de l'Urbanisme et de l'Habitation de 1947 à Paris, l'Atelier de Reconstruction a dévoilé les maquettes aux dimensions réelles d'appartements des ISAI d'une et de quatre pièces. Leur mise en œuvre était considérée alors, sur le plan local aussi bien que national, comme un événement fondateur de la Reconstruction à grande échelle.
 
5. évaluation du bâtiment en tant qu’édifice de référence dans l’histoire de l’architecture, en relation avec des édifices comparables:
Après des négociations avec les sinistrés, les ISAI du Havre, comme ceux de Maubeuge par André Lurçat , ont permis de remodeler radicalement l'espace urbain. Sans aller jusqu'à la municipalisation du sol, la construction de ces immeubles a donné un caractère relatif à la propriété foncière individuelle. À Maubeuge, on retrouve la recherche de standards et l'utilisation de la préfabrication. 
Lurçat a aussi élevé des ISAI à Saint-Denis, la « Cité Langevin ». Pour les ISAI de Sotteville-lès-Rouen, Marcel Lods a appliqué les thèses modernes de la Charte d'Athènes : espaces verts, pilotis, immeubles en hauteur, toits-terrasses, circulation séparées des véhicules et des piétons, ensoleillement maximum, orientation optimale, galeries réservées aux canalisations. Des ISAI ont également été construits dans les banlieues havraises de Graville par Lerambert, Aplemont et Caucriauville (qui articulent des tours et des barres). 
La place de la Gare d'Amiens (place Alphonse Fiquet, 1948-1956), conçue par Perret, est également entourée d'immeubles à trois étages, ponctuée par une tour financée sur des crédits spéciaux du MRU. 
Au Havre, l'Atelier de Reconstruction a réinterprété le type traditionnel de l'îlot à cour en articulant des volumes construits sur différentes hauteurs, la tour et la barre, typologies apparues dans l'entre-deux-guerres. Le système des ISAI du Havre pourrait être rapproché de celui de la Cité de la Muette, à Drancy, construite par Eugène Beaudouin et Marcel Lods entre 1931 et 1934 et qui fonctionne avec l'alternance de barres et de tours disposées en peigne.

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05 mai 2012

Des modèles de chauffage rationnel.

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"Les deux plus grands immeubles du Havre nouveau deviendront-ils des modèles de chauffage rationnel ? Voici comment leur sera ssuré le confort le plus complet"

Cet article de Jacques Chopard publié dans le Paris-Normandie du 13 septembre 1949 (plus d'un an avant l'arrivée des premiers habitants) explique en détail le mode de chauffage des ISAI. 

On a déjà évoqué les problèmes rencontrés par plusieurs habitants des ISAI (surchauffe ou souschauffe) qui ont conduit au cours de ces dernières années à une reflexion visant à abandonner définitivement ce mode de chauffage. Pourtant, force est de constater que plus de soixante années après leur mise en service, les aérothermes continuent de pulser.

Le premier problème rencontré avec cette installation est la méconnaissance de celle-ci par les techniciens d'aujourd'hui. Un réel effort est cependant effectué actuellement par la société de maintenance afin de s'aproprier l'installation et d'en comprendre parfaitement le fonctionnement. C'est que qui contribue à en améliorer sensiblement le service rendu.

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PN-13-septembre-1949-(2)

L'article détaille parfaitement comment l'eau, portée à température dans la chaufferie principale (qui fonctionnait alors au fuel et non plus au charbon - elle est au gaz naturel aujourd'hui), est ensuite traitée en eau-chaude sanitaire dans des sous-stations, envoyée dans les circuits de radiateurs à eau pour les commerces et vers les aérothermes sous forme de vapeur sous pression à 130° afin de chauffer les appartements. Le schéma, malgré la faible qualité de reproduction, est assez clair.

Au-delà de ces aspects purement techniques, il est important de relever la modernité extraordinaire de ce nouveau moyen : l'air est filtré, chauffé et humidifié : c'est de l'air conditionné. Tout est automatique, y compris la régulation générale en fonction de la température extérieure mais aussi de l'heure (baisse de la température pendant la nuit). La montée en température des pièces est très rapide (moins d'une heure).

Mais ce que l'on retient de cet article, c'est que les ISAI ont été conçu pour être chauffés à l'air pulsé et pas autrement. Comme nous l'avons déjà évoqué, supprimer ce mode de chauffe reviendrait à transformer radicalement la circulation de l'air dans les appartements et leur hygrométrie. Ça aurait des incidences sur la ventilation des pièces humides, sur les huisseries de façade et d'une façon générale sur les murs extérieurs, l'air vicié ne pouvant plus être asséché et assaini correctement.

"Les études ont été poussées extrêmement loin et on peut dire que les plans du maître Perret ne se justifient, dans ce qu'ils ont d'un peu révolutionnaires, que par l'emploi de ce chauffage rationnel. Grandeur des fênetres, épaisseur des murs, disposition des locaux ont été calculés en fonction de ce mode de conditionnement. [...] Il se forme donc un mouvement d'air continuel dans chaque appartement, insensible, mais tel que, jamais les fumées de cigarettes ne peuvent obscurcir et alourdir l'atmosphère et que l'on respire constamment de l'air neuf."

Tous les habitants des ISAI savent combien leur logement est sain, combien les odeurs sont si vite chassées et combien il est plaisant de ne pas avoir de radiateur et ce triste sentiment d'avoir trop chaud lorqu'on en est proche ou trop froid lorsqu'on en est loin. Il est certain maintenant que l'abandon du chauffage à air pulsé serait une véritable erreur dommageable pour les immeubles comme pour leurs habitants.


25 janvier 2012

Lambert massacré à Versailles

53041837Pierre-Edouard Lambert (1901-1985) est certainement des élèves de Perret membres de l'atelier de reconstruction celui qui est resté le plus fidèle à son maître, sans jamais transgresser son modèle. Au Havre, après avoir fait évidemment partie de l'équipe des ISAI, il est surtout connu pour avoir réalisé l'ensemble immobilier du "Front de mer Sud" (les îlots du Quai de Souhampton) dont la physionomie générale et les intérieurs sont emprunts de la filiation des ISAI. On lui doit aussi le lycée de jeunes filles, aujourd'hui collège Raoul Dufy, établissement scolaire admirablement traité en monument.

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Ilot N37 et l'église Saint-Joseph (depuis l'ancien terminal d'Irlande - espace André Graillot). Ce n'est malheureusement pas moi qui est pris cette photo que l'on trouve sur le net, et si l'auteur veut bien se signaler...


Après la reconstruction du Havre, Lambert poursuit son oeuvre en région parisienne. On trouve ses réalisations essentiellement en banlieue, comme en Essone (voir le dossier une exposition de 2007) où à Versailles, dont le palais des congrès, achevé en 1970, qui est certainement le plus bel hommage à Auguste Perret.

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Salle Richelieu du palais des congrès de Versailles : entre l'amphithéâtre du Palais d'Iéna et la salle de la comédie du Théâtre des champes Élysées (photo palais des congrès)


La dernière oeuvre achevée de Lambert se situe également à Versailles : il s'agit d'une maison de retraite, aujourd'hui Résidence André Mignot, rue Borgnis Desbordes construite de 1969 à 1972. On reconnait parfaitement le style du classicisme structurel : immeubles percés de portes-fenêtres alignées, structure poteaux-poutres, corniches, remplissage des paneaux avec des dalles de béton bouchardé. 

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(photos personnelles malheureusement réalisées avec un téléphone portable).

L'oeil aiguisé verra cependant quelques différences de conception avec les immeubles du Havre : la portée entre deux poteaux est d'environ huit mètres (et non de 6,24 mètres) ce qui permet de loger une porte-fenêtre supplémentaire (séries de quatre sur ces façades); pas de balcon filant, même au premier étage (bien que ce niveau soit marqué d'une corniche); pas d'entre-sol. En revanche ces immeubles sont coiffés d'un toit pentu en ardoises (non visible sur les photos). Cette licence au style Perret doit trouver sa justification uniquement dans les lois d'urbanismes de la ville de Versailles, classée par le décret Malraux.

L'immeuble situé le long de le rue du Maréchal Joffre est en pleine rénovation...plutôt destructive. Cette architecture si lumineuse ne devant plus satisfaire aux exigences actuelles, les portes-fenêtres sont remplacées par de simples fenêtres grandes ou beaucoup plus petites comme au troisième étage, voire des briques de verre comme sur la façade rue du maréchal Joffre quant elles ne sont pas tout simplement murées. Sur chaque flan se construit une extension, moins profonde et avec un étage de moins mais un grenier habitable éclairé par des fenêtre en chien-assis. 

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Le bâtiment en rénovation vu de la rue Borgnis Desbordes

 

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Le même bâtiment rue du Maréchal Joffre.

Nous repasserons lorsque les travaux seront terminés. Le classicisme structurel de Lambert aura totalement disparu. Tout en concédant que ces bâtiments n'étaient pas des oeuvres architecturales majeures, on peut tout de même s'étonner que l'on puisse à ce point procéder à des modifications aussi importantes au sein d'un secteur protégé. Au Havre, les mêmes transformations seraient tout à fait réalisables, aucun immeuble de la reconstruction n'étant classé (ni même l'hôtel de ville). Certes, ce serait la perte du label "Unesco" mais on voit qu'il devient urgent d'entamer une procédure de sauvegarde.

 

 

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21 janvier 2012

Exposition "Le Havre : ville reconstuite" à Poitiers

01(@DR)_BL'exposition itinérante "Le Havre : ville reconstuite" s'est posée à la Maison de l'architecture de Poitou-Charentes (Poitiers) jusqu'au 24 février prochain. Composée de vingt panneaux et conçue par le grand spécialiste de la reconstruction Joseph Abram, cette exposition de 2006 terminera son tour de France à Royan à la fin de l'année.

La Maison de l'architecture en profite pour faire une animation autour de l'événement (conférences, présentations pédagogiques et projection du récent film Le Havre d'Aki Kaurismäki).

Les ISAI, immeubles modèles de la reconstruction, sont bien sûr au centre du dispositif. Voici un petit aperçu en quatre panneaux :

 

expo LH panneau 1

expo LH panneau 4

expo LH panneau 7

expo LH panneau 10

En bonnus, le projet de rénovation du Volcan d'Oscar Niemayer (les travaux, commencés depuis deux mois devraient aboutir en 2014).

Plus d'informations sur le site de la Maison de l'architecture de Poitou-Charentes ou sur le site du Courrier de l'Architecte.

expo LH affiche



 

15 janvier 2012

Quelques photos du chantier 22 septembre 1949 par Robert Lhommet

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Aujourd'hui une série de photos issues du fonds Tournant des archives municipales du Havre. Certaines sont déjà connues (publiées dans l'ouvrage Les Bâtisseurs, entre autres) tandis que d'autres sont inédites. Toutes ont été certainement prises le même jour,le 22 septembre 1949 : seul le gros oeuvre de l'îlot V37 est en voie d'achèvement, le reste encore en construction. Nous ne connaissons malheureusement pas l'identité du photographe.

Tous les tirages de la série portent au dos le nom des architectes du groupe en écriture autographe (stylo et écriture différente pour chaque nom, mais identique d'une photo à l'autre) : Tougard, Lagneau, Poirrier, Le Donné, Feuillebois, Tournant... On peut en déduire que cette série de clichés a été présentée au cours d'une réunion des architectes et que ceux-ci aient inscrit leur nom pour indiquer les vues qu'ils souhaitaient acquérir en reproduction.

 

 Pour commencer, trois vues de la tour de l'îlot V37 (les trois derniers étages sont en cours d'achèvement).

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Tour V37 : façades ouest et sud

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Tour V37 : façades sud et est.

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Tour V37 : façades sud et est.

Depuis le sommet de cette même tour, vue sur la construction de l'îlot V36, en regardant vers l'est. On voit tous les barraquements de la place du Chillou. Les bâtiments bas sont achevés, mais la tour ne comporte que trois étages.

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Ilot V36 depuis la tour du V37.

Le bâtiment au premier plan est celui qui longe la rue Victor Hugo, on le reconnait car c'est celui (avec son opposé au V41) qui est équipé de terrasses magnifiques de 36 m² par appartement exposées plein sud (au premier étage). Voici une vue du même bâtiment depuis la rue (toujours vers l'est).

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Ilot V36, rue Victor Hugo.

De l'autre côté de la rue de Paris, l'îlot V40 se construit également.

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Façade sud de l'immeuble rue de Paris (au-dessus de la Maison du Patrimoine - Atelier Perret actuelle).

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Tour V40 (façaces sud et est) depuis la place Perret.

La tour du V40 n'a que sept éages d'achevés. Ci-dessous, une autre vue de la même tour, mais prise de la tour de l'îlot V37, regardant vers l'ouest cette fois-ci. On distingue bien les immeubles rescapés du quartier des chantiers Lenormand à gauche (immeuble "Le Transatlantique" notamment) et les maisons du quartier Saint-Vincent à droite. Au premier plan la rue de Paris renait entre encadrée par les deux bâtiments bas.

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Ilot V40 depuis la tour V37.

Les deux clichés suivant montrent l'intérieur des bâtiments et notamment un escalier. 

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Troisième étage de la tour du V37, on reconnait le bâtiment bas du V36 séparé par la rue Edouard Larue.

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Même endroit, vue vers les nord.

Pour terminer ce voyage, une vue des fondations en chantier du futur Hôtel de Normandie (îlot V35), aujourd'hui Normandie Building. La photo est prise aussi de la tour du V37, vers le sud. On distingue très bien le bassin du Commerce, les barraquements du quai de la Lamblardie et le quartier Saint-François, enfin ce qu'il en reste. Les grues en arrière plan montrent une reprise de l'activité portuaire malgré tout.

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Ilot V35 (hôtel de Normandie) depuis la tour V37.

 

Visite de chantier

Le 6 décembre 1951, alors que les premiers habitants ont aménagé, visite de la commission de la reconstruction. Devant l'actuel 17 place de l'hôtel de ville (V41), Jacques Tournant lève le bras, sans doute pour montrer l'avancée du V6, un des îlots privés calqués sur les ISAI. La photo est de Robert Lhommet.

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10 juillet 1960 : le président de Gaulle visite la reconstruction

Après la visite de la ville (presque) reconstruite, discours du Général place de l'hôtel de ville. La foule est là, et les ISAI se dressent tels des spectateurs dans le fond. Les porte-fenêtres ouvertes sont autant de loges supplémentaires avec vue imprenable.

visite-de-gaulle-1960

Document archives municipales du Havre. Voir aussi Le Havre photo.

 

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