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"Les deux plus grands immeubles du Havre nouveau deviendront-ils des modèles de chauffage rationnel ? Voici comment leur sera ssuré le confort le plus complet"

Cet article de Jacques Chopard publié dans le Paris-Normandie du 13 septembre 1949 (plus d'un an avant l'arrivée des premiers habitants) explique en détail le mode de chauffage des ISAI. 

On a déjà évoqué les problèmes rencontrés par plusieurs habitants des ISAI (surchauffe ou souschauffe) qui ont conduit au cours de ces dernières années à une reflexion visant à abandonner définitivement ce mode de chauffage. Pourtant, force est de constater que plus de soixante années après leur mise en service, les aérothermes continuent de pulser.

Le premier problème rencontré avec cette installation est la méconnaissance de celle-ci par les techniciens d'aujourd'hui. Un réel effort est cependant effectué actuellement par la société de maintenance afin de s'aproprier l'installation et d'en comprendre parfaitement le fonctionnement. C'est que qui contribue à en améliorer sensiblement le service rendu.

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L'article détaille parfaitement comment l'eau, portée à température dans la chaufferie principale (qui fonctionnait alors au fuel et non plus au charbon - elle est au gaz naturel aujourd'hui), est ensuite traitée en eau-chaude sanitaire dans des sous-stations, envoyée dans les circuits de radiateurs à eau pour les commerces et vers les aérothermes sous forme de vapeur sous pression à 130° afin de chauffer les appartements. Le schéma, malgré la faible qualité de reproduction, est assez clair.

Au-delà de ces aspects purement techniques, il est important de relever la modernité extraordinaire de ce nouveau moyen : l'air est filtré, chauffé et humidifié : c'est de l'air conditionné. Tout est automatique, y compris la régulation générale en fonction de la température extérieure mais aussi de l'heure (baisse de la température pendant la nuit). La montée en température des pièces est très rapide (moins d'une heure).

Mais ce que l'on retient de cet article, c'est que les ISAI ont été conçu pour être chauffés à l'air pulsé et pas autrement. Comme nous l'avons déjà évoqué, supprimer ce mode de chauffe reviendrait à transformer radicalement la circulation de l'air dans les appartements et leur hygrométrie. Ça aurait des incidences sur la ventilation des pièces humides, sur les huisseries de façade et d'une façon générale sur les murs extérieurs, l'air vicié ne pouvant plus être asséché et assaini correctement.

"Les études ont été poussées extrêmement loin et on peut dire que les plans du maître Perret ne se justifient, dans ce qu'ils ont d'un peu révolutionnaires, que par l'emploi de ce chauffage rationnel. Grandeur des fênetres, épaisseur des murs, disposition des locaux ont été calculés en fonction de ce mode de conditionnement. [...] Il se forme donc un mouvement d'air continuel dans chaque appartement, insensible, mais tel que, jamais les fumées de cigarettes ne peuvent obscurcir et alourdir l'atmosphère et que l'on respire constamment de l'air neuf."

Tous les habitants des ISAI savent combien leur logement est sain, combien les odeurs sont si vite chassées et combien il est plaisant de ne pas avoir de radiateur et ce triste sentiment d'avoir trop chaud lorqu'on en est proche ou trop froid lorsqu'on en est loin. Il est certain maintenant que l'abandon du chauffage à air pulsé serait une véritable erreur dommageable pour les immeubles comme pour leurs habitants.